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L'efficacité humanitaire grâce aux nouvelles technologies nécessite des normes de contrôle sur les données, l'intégrité des données et la disponibilité des données

L'efficacité humanitaire grâce aux nouvelles technologies nécessite des normes de contrôle sur les données, l'intégrité des données et la disponibilité des données

Balthasar Staehelin, directeur de la transformation numérique et des données du CICR

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Excellences, Mesdames et Messieurs, Partenaires et Amis,

Aujourd'hui, nous avons abordé les épidémies de pandémie, la réponse politique et économique à celles-ci et la manière dont cela a accéléré l'adoption de nouvelles technologies. Il s'agit en partie de bonnes nouvelles pour les populations touchées par la violence ou les conflits armés. Les organisations humanitaires ont une empreinte numérique accrue avec de nouvelles opportunités pour devenir plus efficaces et responsables. Dans le même temps, les nouvelles technologies numériques entraînent des risques pour le secteur humanitaire et les personnes que nous visons à protéger et à servir. Les organisations humanitaires s'appuyant de plus en plus sur la collecte et le traitement de données personnelles très sensibles, elles peuvent devenir vulnérables aux cyberopérations défavorables qui pourraient avoir un impact sur les personnes qui ont le plus besoin de nous.

Aujourd'hui, en examinant les risques numériques émergents, je me concentrerai sur trois dimensions clés: le contrôle total des données, l'intégrité des données et la disponibilité des données.

Premièrement, les organisations humanitaires doivent garder un contrôle total sur les données en tant que pilier de l'action humanitaire et limiter l'accès des données aux seuls utilisateurs prévus.

Il s'agit d'un défi croissant lorsque l'on utilise la biométrie pour donner aux gens l'accès aux services humanitaires. Les données collectées peuvent inclure des informations qui pourraient être recherchées pour une utilisation au-delà de son objectif humanitaire initial. C'est le cas, par exemple, lorsqu'une organisation humanitaire est obligée de fournir des données à un gouvernement ou lorsqu'un tiers a accès à des informations sensibles grâce à la collecte de métadonnées. Nous devons nous assurer que les données collectées sont utilisées comme prévu – à des fins humanitaires uniquement. Ce problème n'est pas un module complémentaire. C'est un élément central d'une action humanitaire de confiance.

La récente Conférence internationale du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a débattu de cette question en décembre dernier. Il a adopté une résolution sur la restauration des liens familiaux qui contient un langage intéressant à cet effet et garantit que les données collectées sont utilisées exclusivement à des fins humanitaires.

Deuxièmement, les organisations humanitaires doivent garantir l'intégrité des données.

Cela revient à nouveau à la question de la confiance. La réputation d'une organisation humanitaire repose sur sa capacité à maintenir la confiance. Dans le cas d'une cyberattaque contre l'intégrité de ses données, les organisations humanitaires pourraient par la suite être orientées à tort en donnant la priorité à certaines populations affectées par rapport à d'autres, opérant dans des zones particulières par rapport à d'autres, ou manipulées d'une manière qui pourrait être préjudiciable aux populations affectées, ou à la neutralité, l'impartialité et l'indépendance de leur action.

Imaginez un instant qu'une base de données d'enfants non accompagnés soit piratée et que les données sur le nom des parents de ces enfants soient modifiées. Les gens s'avancent en faisant semblant d'être leurs parents et à cause de ce piratage sont correctement vérifiés en tant que parents. Ces enfants pourraient finir par être contraints au travail des enfants ou ciblés en raison de leur origine ethnique. Nous ne pouvons permettre que cela se produise et nous devons faire face à la menace croissante de modification des données humanitaires.

Enfin, sur la disponibilité: nous devons garantir un accès rapide et fiable à l'information et aux services numériques.

Les organisations humanitaires comme le CICR offrent de plus en plus de services numériques aux populations touchées. Par exemple, dans le cas du CICR, nous travaillons actuellement sur une plateforme humanitaire numérique qui fournit des services numériques aux populations touchées. Comme nous fournissons des services essentiels tels qu'un coffre-fort ou des informations à titre d'aide, toute cyberopération affectant la disponibilité de ces services aura des conséquences humanitaires.

Pour atténuer ces risques, nous avons besoin de:

1. Les parties prenantes se sont réunies ici pour travailler ensemble sur des normes qui, dans leur cœur, comprennent les trois points qui viennent d'être abordés: le contrôle total des données, l'intégrité des données et la disponibilité des données.

2. Une approche responsable et réfléchie des technologies, et pas seulement une course à la technologie la plus rentable. Les technologies doivent être déployées sur la base d'une évaluation approfondie de leur impact et de garanties correctement établies.

Pour soutenir ces efforts, le CICR et le Brussels Privacy Hub ont récemment lancé la deuxième édition du Manuel sur la protection des données dans l'action humanitaire. Le manuel fournit des moyens d'évaluer l'utilisation responsable des nouvelles technologies, d'effectuer une analyse des risques et d'équilibrer de manière responsable les opportunités technologiques et les risques potentiels. Le guide examine l'analyse des données, la blockchain, l'identité numérique, les drones, l'apprentissage automatique, le cloud computing, l'intelligence artificielle, l'arsenalisation des informations sur les réseaux sociaux et plus encore.

3. Enfin, nous avons besoin des gouvernements et des parties prenantes externes tierces pour garantir la protection d'un espace humanitaire numérique, couplé à la concentration et à la détermination des parties prenantes internes à préserver véritablement l'indépendance, l'impartialité et la neutralité des organisations humanitaires internationales dans le cyberespace. Sans cela, les organisations humanitaires internationales seront poussées à accepter des solutions qui ne conviennent pas au travail qu'elles sont chargées de réaliser.

Je vous remercie.

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