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Convention sur les armes à sous-munitions | CICR

Les armes à sous-munitions: des armes dangereuses qui tuent encore dix ans après une convention pour les interdire

Il a fallu des années pour nettoyer des millions de sous-munitions dans le sud du Liban après le conflit de 2006. Photo: Marko Kokic / CICR

Par Simonetta Sommaruga et Peter Maurer *

Leurs couleurs vives attirent les enfants, éveillant leur curiosité. Et ce sont souvent les enfants qui déclenchent leur explosion, perdant un bras, une jambe ou leur vie.

Les armes à sous-munitions sont l'une des armes les plus dangereuses au monde.

Lâchées depuis les airs ou lancées depuis le sol, les armes à sous-munitions sont destinées à frapper des cibles avec de petites sous-munitions explosives sur une zone de la taille de plusieurs terrains de football. Cependant, ces bombes ne parviennent souvent pas à exploser comme prévu, gisant au sol pendant des années, voire des décennies, après la fin de la guerre, attendant de tuer ou de mutiler tout homme, femme ou enfant qui les touche ou leur marche dessus.

Cet héritage meurtrier de la guerre n'est pas inévitable. La protection des civils et le respect du droit international humanitaire font partie intégrante de la politique étrangère de la Suisse, ainsi que de la mission principale du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Tous deux visent à prévenir et à atténuer les effets des armes à sous-munitions et à améliorer la réadaptation et la qualité de vie des victimes.

La bonne nouvelle, c'est qu'il existe un traité interdisant ces armes aveugles et inacceptables. Cette semaine marque le dixième anniversaire de la Convention sur les armes à sous-munitions, qui est entrée en vigueur le 1er août 2010.

Jusqu'à présent, 108 pays ont adhéré à cet important traité humanitaire, qui interdit totalement l'utilisation, la production, le transfert et le stockage de ces armes. Les pays qui ont adhéré à la Convention se sont engagés à détruire leurs stocks, à nettoyer les zones contaminées et à soutenir les victimes des armes à sous-munitions. Ensemble, ils ont éliminé près de 1,5 million d'armes à sous-munitions stockées, garantissant ainsi qu'elles ne seront jamais utilisées. De vastes étendues de terres ont été défrichées dans certains pays, ce qui signifie que les enfants peuvent marcher en toute sécurité pour se rendre à l'école et que les adultes peuvent se rendre au travail sans craindre le pire. La Convention sur les armes à sous-munitions a conduit à une réduction substantielle de l'utilisation de ces armes, même par les États qui ne l'ont pas encore rejointe, sauvant d'innombrables vies.

Malgré ces succès, des dizaines de personnes continuent d'être tuées et blessées chaque année. Ces dernières années, l'utilisation d'armes à sous-munitions a été signalée dans des pays comme la Syrie, le Yémen et la Libye, mais d'autres pays ont également été touchés, et c'est la population civile qui continue de porter le poids. De plus, de nombreuses zones restent contaminées par ces munitions, longtemps après leur largage. Les nettoyer est une tâche lente et dangereuse en raison du nombre de bombes non explosées et de leur instabilité – le moindre mouvement peut déclencher une explosion. Soyons sans équivoque: toute utilisation, n'importe où, par quiconque, doit être condamnée.

La Suisse accueillera et présidera la deuxième conférence d'examen de la Convention sur les armes à sous-munitions, qui se réunira à Lausanne du 23 au 27 novembre. Ces conférences ont lieu tous les cinq ans et jouent un rôle essentiel dans la définition des progrès accomplis dans le cadre d’une convention. En collaboration avec des partenaires tels que le CICR, la Suisse s'emploiera à faire progresser l'objectif de la Convention d'un monde exempt d'armes à sous-munitions, notamment en exhortant les États qui ne l'ont pas encore rejoint à le faire dans les meilleurs délais.

Ces engagements sont essentiels si nous voulons parvenir à un monde sans armes à sous-munitions. Nous devons garantir la destruction complète des stocks et nettoyer toutes les zones contaminées. Et nous devons promettre notre aide à toutes les victimes.

La Convention sur les armes à sous-munitions a considérablement contribué à protéger les civils contre les effets de la guerre. L'action collective est puissante: les États, les organisations internationales et la société civile travaillant ensemble peuvent réaliser des changements réels et précieux. La vie d’innombrables civils en dépend.

* Simonetta Sommaruga est la présidente de la Suisse. Peter Maurer est le président du Comité international de la Croix-Rouge.

Pour en savoir plus sur le fonctionnement des armes à sous-munitions et leurs conséquences humanitaires, consultez ce bref explicatif.

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